Contre le crématorium de Biganos – SudOuest.fr

Une association s’oppose au projet de crématorium. Elle vient d’être déboutée par le tribunal administratif.

C’est toujours la même histoire : les opposants sont toujours ceux qui vivent à proximité de l’équipement va être implanté. Bernard Latxague, le président de l’association Bicavie, Biganos qualité de vie, en convient. Si Bruno Lafon, le maire sans étiquette de Biganos, n’avait pas promu le projet d’un crématorium au lieu-dit de la Ninêche, « il n’aurait jamais entendu parler de moi ». Il ne se serait même pas présenté aux dernières municipales au sein d’une liste contre celle du maire.

Ce samedi matin, il a réuni quelques-uns des 24 membres de l’association pour parler de ce projet. La plupart vivent ici, « à 250 mètres du projet, et non à 400 mètres comme le prétend le maire ». C’est en effet à l’est, de l’autre côté des grands pins, sur la parcelle attenante à celle où a été aménagée l’aire de passage des gens du voyage que doit être construit et exploité par le groupe Etchart, le crématorium : « Juste à côté des gens du voyage, c’est un peu révoltant quand même, non ? ».

Bicavie a été déboutée

Le dossier s’accélère et vient de trouver un premier aboutissement : le 15 janvier, le Tribunal administratif n’a pas reconnu à l’association un « intérêt à agir contre la délibération attaquée, laquelle a pour objet de procéder à une révision simplifiée du plan local d’urbanisme de Biganos ».
Cette délibération municipale du 20 décembre 2012 autorisait l’implantation du crématorium. Le Tribunal considère que Bicavie, dans ses statuts, a pour objet « le maintien et l’amélioration de la qualité de vie à Biganos et dans ses environs » et que cet objet est bien trop vague et imprécis pour l’autoriser à attaquer la délibération.

Lanceurs d’alerte

Bicavie encaisse le coup. « Le Tribunal n’a pas jugé sur le fond », soupire Bernard Latxague. « Et le rapporteur public avait pourtant dit que notre requête était recevable lors de l’audience, renchérit Robert Preud’Homme. On ne va pas crier au scandale et nous allons revoir nos statuts. »
En fait, les membres de l’association sont confiants : « Toutes les jurisprudences de la Cour d’Appel et du Conseil d’État vont dans notre sens, à savoir qu’on ne peut rien construire où la Loi Littoral l’interdit. »

Pour eux, l’histoire n’est absolument pas terminée. Ils ne feront pas appel de la décision du Tribunal et se réservent le droit d’attaquer les procédures qui vont suivre. « Nous sommes en embuscade. Le maire a beau avoir caricaturé la loi Littoral dans ses vœux, elle existe. Ici, nous sommes des lanceurs d’alerte. Il y a des risques avec les pollutions, les rejets toxiques du crématorium, même si tout est aux normes.
L’Agence régionale de santé (ARS) et la Direction régionale de l’environnement ont cet été demandé des compléments d’enquête sur ces risques. »
Les membres de l’association vont plus loin. « L’ARS reconnaît dans son rapport que la réglementation ne couvre pas tout, assure Xavier Darmé, que cet ensemble de normes comporte des failles. Nous avons déjà l’usine Smurfit, la biomasse Dalkia, faut-il rajouter un crématorium ? Faut-il vraiment faire de notre ville un concentré de pollution atmosphérique ? »

Déboutés par le Tribunal, les opposants au projet ne sont pas découragés et demeurent donc mobilisés, prêts à étudier à la loupe la suite des procédures…

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