Dépollution des crématoriums : Mais où est la dépollution

Le ministère de la Santé a présenté au CNOF (Comité National des Opérations Funéraires), lors de la séance de septembre 2008, un projet d’arrêté ministériel modifiant les quantités de polluants rejetés à l’atmosphère des fumées de crématoriums… Réflexions de Thomas Beaucourt, président de l‘ADOC (Association de Défense des Droits et Obligations des Crématoriums) sur la dépollution des crématoriums.

Comme nous l’avions précédemment annoncé, cette proposition risque de faire passer une mesure qui bouleversera, à n’en pas douter, l’implantation de nouveaux crématoriums, et remettra certainement en cause la pérennité d’un bon nombre de ceux déjà en exploitation.
Bien que le but annoncé soit de dépolluer les rejets à l’atmosphère des crématoriums, les répercussions induites par ce projet ne relèvent pas, à proprement parler, de ce que l’on peut appeler dépollution.

Pourquoi tout cela ?

Sur quels critères, les ingénieurs sanitaires qui ont rédigé cette proposition, ont-ils bien pu s’appuyer ? Il faut bien l’admettre, ce projet n’apporte pas de réelles solutions en matière de dépollution, car c’est bien de dépollution dont il est question, pas de traitement ou de filtration, mais de DÉPOLLUTION ! Si j’insiste tant sur le terme dépollution, c’est parce que sa définition est bien précise, et je me propose de la rappeler à qui veut bien l’entendre : La dépollution consiste à enlever le plus tôt possible toute source de pollution…

Ce que nous propose aujourd’hui le ministère de la Santé n’est pas une dépollution mais un simple transfert de pollution de l’air au sol.

Je m’explique : Lors d’un processus de « dépollution » par filtration, les polluants contenus dans les fumées de crématoriums sont captés à l’aide de réactifs injectés dans les fumées et captés par filtration avant rejet. En aucun cas on ne peut affirmer que la pollution a disparu, non, elle existe toujours, mais sous une autre forme qui permet de la stocker dans des fûts. Ces fûts sont alors qualifiés de déchets dangereux au même titre que les déchets nucléaires, et enfouis dans les décharges de classe 1. De plus, les polluants canalisés sont effectivement captés, mais les pollutions diffuses (telles que le mercure), elles, ne le sont pas entièrement !
C’est fort de ce constat que je m’autorise à poser la question suivante : Où est la dépollution annoncée ?

Beaucoup de questions sans réponses !

Au sein de l’ADOC, nous nous posons de très nombreuses questions auxquelles nous ne trouvons pas de réponses… Aussi, nous comptons sur la perspicacité des lecteurs, ainsi que sur leur contribution, pour pouvoir enfin y répondre.

Pourquoi imposer un équipement coûteux, financièrement et écologiquement, qui ne traite pas l’ensemble du problème, alors qu’il existe d’autres solutions, conciliant écologie, économie, équité et qualité de services ?

Pourquoi les gestionnaires de crématoriums ne réagissent-ils pas face à la menace qui pèse sur leur activité ?

Pourquoi le personnel d’exploitation des crématoriums, dont la santé est menacée quotidiennement par la présence de mercure dans les salles techniques des crématoriums, ne réagit-il pas ?

Pourquoi les associations de consommateurs ne se sentent-elles pas concernées par les surcoût induit par cette modification ? Il y a d’une part le coût de la crémation qui devra subir une hausse significative pour financer cette filtration, et d’autre part, par l’allongement des temps de parcours pour rejoindre les crématoriums, ou encore, par la spoliation d’une quantité non négligeable de cendres issues de la crémation ?

Pourquoi privilégier une solution qui ne résout pas le problème de contrôle sur le contenu des cercueils ?

Pourquoi le ministère auquel le Livre Blanc de la crémation a été transmis au début juin 2008 ne prend-il pas en considération des solutions alternatives, telle que la dépollution en amont, préconisée par le Grenelle de l’environnement ? Espérons que la loi de programmation issue de ce dernier, actuellement entre les mains des parlementaires, mette un terme à cette hérésie.

Pour conclure, nous vous invitons à vous reporter à la dernière version du chapitre II du Livre blanc de la crémation qui, lui, traite de la « DÉPOLLUTION » des crématoriums*. Son contenu, reflétant les convictions de l‘ADOC, se fait fort de nombreuses propositions sur les solutions à apporter aux problèmes de pollution, chaque point y étant bien détaillé.

Ainsi, chacun pourra étayer sa conviction en connaissance de cause.Si vous souhaitez consulter le Livre blanc de la crémation dans son intégralité, vous pouvez le télécharger sur le site :

www.asso-adoc.org

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